La Vieille France savait imprimer un cachet d'art à
des constructions purement utilitaires"
(Pierre Camp, Histoire d'Auxonne au moyen âge)

 P ar la petite rue Lariboisière et de la Ceinture rouge, le visiteur gagnera le quartier Bonaparte. La Vieille France savait imprimer un cachet d'art à des constructions purement utilitaires. Les trois bâtiments anciens des casernes méritent qu'on jette sur eux un coup d'œil. Leurs beaux chaînages d'angles, en pierre rose de Moissey et les légers décrochements qui rompent l'uniformité des façades, les justes proportions des bâtiments en eux-mêmes et par rapport à l'espace central de la cour, témoignent du talent de Caristie, architecte d'origine italienne. Nous lui devons encore le pavillon des officiers au Polygone et, à Dijon, deux hôtels où s'affirme la pureté de son style noble et sévère».

 

Les casernes (quartier Bonaparte) en construction

C'est ainsi que s'exprime notre historien local comtemporain, Pierre Camp, lorsqu'il nous donne la description du Quartier Bonaparte dans son ouvrage intitulé : «Panorama historique - visite de la ville».

Les casernes (quartier Bonaparte) en construction

Ce document photographique présente les casernes en cours de construction. On peut y lire l'inscription :.
«La première pierre a été posée au nom de SAS M. le Prince de Condé par M. Le Comte de Tavannes, le 29/10/1759»

Document présenté au Musée Bonaparte
(Photographie publiée avec l'aimable autorisation de Mme Speranza)

Pierre Camp ajoute : L'esthétique a beaucoup perdu lors de l'adjonction, sous la Restauration, du bâtiment sans caractère qui borde la rue du 8ème Chasseur et empêche de saisir d'un seul coup d'œil l'ensemble des trois pavillons : celui du centre réservé primitivement aux hommes de troupes et les deux autres, en retour d'équerre, prévus pour les officiers.
Dans celui qui fait face à la ville logea le futur vainqueur d'Austerlitz, comme le rappel une plaque apposée en façade.

La construction des Casernes

La construction du Quartier Bonaparte fut entreprise en 1759 et dura jusqu'en 1763.

Pour éviter aux  3600 auxonnais d'avoir à loger chez l'habitant l'effectif d'un bataillon d'artillerie de 1200 hommes sans compter  son État-Major, la ville décida de construire des casernes. Le coût très important de cette construction pesa lourdement sur les finances de la ville et elle dut se résoudre à amoindrir son patrimoine en procédant à une forte coupe de bois dans sa forêt des Crochères. La vente des bois eu lieu en 1759. Elle rapporta 400 000 livres. Cette somme fut cependant encore insuffisante ;  il manquait 250 000 livres qui furent trouvés par emprunt(1).
Les travaux furent confiés à l'entrepreneur CARISTIE. Il réalisa trois corps de bâtiment qui forment un bâtiment central complété par deux ailes. L'ensemble se compose de :

  • D'un bâtiment central à trois étages réservé aux soldats ; "le Grand Corps",
  • - De deux ailes latérales à deux étages réservées aux officiers :
    • - le "Pavillon Royal" (du côté de la porte royale),
    • - le "Pavillon de la Ville" (du côté de la ville).

Les casernes comportent aujourd'hui un bâtiment supplémentaire qui borde la rue du 8ème chasseur.

Les militaires faisaient usage de locaux supplémentaires : la Tour du Signe, située à proximité immédiate des casernes «servait pendant la mauvaise saison pour les exercices de l'École et la Porte de Comté pour la construction de l'artifice»(2).

Ces lieux vous sont proposés à la visite dans ce site en suivant le menu : "Le Legs de l'Histoire, Sur les pas de Bonaparte"
 

(1) - En vous rendant à la page "La Forêt des Crochères", présente sur ce site, vous trouverez le texte intégral de l'ouvrage d' Étienne Picard, Inspecteur des forêts "«Histoire d'une Forêt communale - LA FORÊT DES CROCHÈRES A LA VILLE D'AUXONNE»", qui apporte toutes les précisions utiles concenant cette vente.
 
  (2) - Martine Speranza  dans "Bonaparte à Auxonne"


 

Édition 2014/2015