Autour d'Auxonne

 

Le 28 août 1520  : c'est la date à laquelle fut commencée, comme le rappelle une inscription gothique gravée, la chapelle qui s'offre aujourd'hui au regard du visiteur. On l'a doit à l'initiative du prêtre, chapelain de cette chapelle nommé Jehan Vatel de Villers Les Pots.

La chapelle de la Levée

La chapelle de la Levée

Le lieu, situé sur l'importante voie des commerçants et des pélerins qui conduisait en Italie par Pontarlier et le Grand Saint-Bernard, abritait déjà, en des temps encore plus reculés, une Maison-Dieu Notre-Dame due à la générosité de Perron de Saint-Seine, dont le fils confirma l'aumône en 1244. Elle relevait pour le spirituel de l'évêque de Chalon. Elle n'était non seulement un lieu de culte mais aussi un abri pour les voyageurs. La chapelle eut sans doute à souffrir du passage des Grandes Compagnies puisqu'en 1429, Hugues d'Orges, évêque de Chalon consacra un nouvel édifice qui disparut à nouveau.

Comme on le voit sur ces photos, la chapelle que découvrira le visiteur se compose de deux éléments de hauteur inégale.

La partie haute, le chevet, voûté d'ogives, porte, sur l'un des contreforts orientaux l'inscription gothique qui nous permet de connaître aujourd'hui la date de sa construction. La partie basse qui nous montre une belle charpente s'ouvre, dans toute sa largeur, comme un vestibule, vers le chevet. Les deux éléments semblent être de la même époque.

Jusqu'à la Révolution cette chapelle fut un lieu de pélerinage fréquenté.


La chapelle de la Levée

P. Camp nous indique qu'en 1633, des magistrats et des ecclésiastiques de Seurre vinrent remercier Notre-Dame de la Levée de les avoir délivrés de la peste.


Regards . . .
sur la Fontaine de l'Ermitage

P. Camp nous apprend encore que Napoléon Bonaparte était un familier des ombrages du Boutrans ou de l'allée qui conduisait de la chapelle à la fontaine de l'ermitage. Et il ajoute que ce n'est pas parce qu'il était familier de ces lieux que Napoléon Bonaparte a pu être compté parmi les dévôts à Notre-Dame de la Levée ou même tout simplement parmi les dévôts.

P. Camp le voit sacrifier, comme tout son siècle, plus facilement aux élans vagues d'un panthéisme venu de Rousseau qu'aux dévotions.

Rousseau figurait d'ailleurs parmi ses auteurs préférés

Quatre boutons pour 4 vues de la Fontaine de l'Ermitage, et de la chapelle de la Levée, un des lieux de méditation de Napoléon Bonaparte


Première vue de la pyramide édifiée en ce lieu selon la volonté d'Amélie Garnier


Une deuxième vue de cette même pyramide



La Vierge de la fontaine de l'Ermitage (Etat en 2003)



Vue de la chapelle de la Levée prise depuis la fontaine de l'Ermitage


A près la Révolution, la chapelle connut ensuite des fortunes diverses.
Elle fut vendue à un particulier, puis rachetée en 1867 par la ville d'Auxonne.
Le poids des ans se faisant sentir, elle commençait par avoir besoin d'un sérieux coup d'entretien ; d'autant plus qu'elle avait longuement été utilisée comme une maison de ferme.
Le conseil municipal d'Auxonne éluda par deux fois la question de la restauration, d'abord en 1875 puis en 1878.
En 1930, nouvel avatar, le terrain attenant la chapelle fut vendu.
Le monument y perdit le recul nécessaire à son esthétisme. Les années passant, sans entretien, elle devenait une épave, un tas de ruine.
Le sauvetage vint d'un général. En 1932, le général Edmond de Cointet, prit l'heureuse initative de faire classer le monument et lança une souscription dans un grand journal parisien.
La subvention accordée par l'Etat et le produit de la souscription permirent sa restauration en 1936.
 
Depuis, plus de soixante ans se sont écoulés. Il semblerait que les regards doivent à nouveau se tourner vers ce monument pour décider des mesures à prendre, indispensables à sa bonne conservation.
 


(Source : Guide Illustré d'Auxonne. Pierre Camp. Novembre 1968. Ouvrage disponible à la bibliothèque municipale d'Auxonne)


 

Édition 2014/2015