L  a prospérité des peuples limitrophes de la Saône est telle qu'au début du Ier siècle av. J.-C., Éduens, Séquanes et Lingons instaurent un système monétaire commun.
L'entente monétaire ne met pas à l'abri des rivalités. Éduens et Séquanes se disputent le contrôle de la Saône et s’arrachent les péages du fleuve. Les enjeux tant politiques qu'économiques très importants exacerbent de vieilles haines.
Ces farouches rivalités et querelles entre peuples gaulois vont ouvrir la voie de la Gaule aux Romains.
Un peu plus d'un siècle avant notre ère, les Éduens jaloux de la prépondérance arverne (Les Arvernes : peuple puissant du centre de la Gaule) et voulant imposer leur hégémonie, s'allient aux Romains déjà installés en Gaulle narbonnaise (La Provincia). Le Sénat romain leur accorde le titre d'alliés du peuple romain. Cette alliance conduit à l'écrasement des armées du chef Arverne Bituit par le consul romain Fabius mais affaiblissent la résistance de l'ensemble des peuples celtiques qui devront faire appel à l'appui des légions romaines pour faire aux envahisseurs Barbares ; donnant ainsi l'occasion aux Romains d'intervenir dans les querelles entre Gaulois.
Quelque temps après (72 av. J.-C. ?) une coalition Arvernes contre Éduens se renouvelle. Les Séquanes, éternels rivaux des Éduens, en profitent pour s'allier aux Arvernes et pour se donner toutes les chances de l'emporter contre des Éduens, ils font alliance avec Arioviste, le chef des bandes de Suèves établies de l'autre côté du Rhin, en Souabe et en Franconie. Les 15000 colosses blonds Suèves arrivés en renfort aux Arvernes et Séquanes infligent, une défaite cuisante aux Éduens. Le choc se produit, selon César, à Admagetobriga (Cité qu'il faut peut-être localiser à Pontailler ? (voir étude de Claude Xavier Girault, Dissertation historique et critique sur la position de l'ancienne ville d'Amagetobria et sur l'époque de sa destruction)) où les Éduens sont mis en déroute.
Pour les Gaulois, faire appel à Arioviste, c'était faire rentrer le loup dans la bergerie.
L’appel aux Germains est fatal pour la Gaule. Arioviste, sûr de sa force, parle alors en maître aux Séquanes, et s’installe sur leurs terres.
Prenant conscience du danger que représente la présence des Germains, les Gaulois oublient tardivement leurs querelles, et s’unissent pour chasser Arioviste et ses Germains.
Mais l’occasion est manquée ! Et c’est Arioviste qui sort vainqueur de la confrontation. Il s’installe définitivement en Haute-Alsace, en territoire séquane, la porte de la Gaule.
Cette présence des Germains maintenant trop proches ne fait pas l'affaire des Helvètes qui, repoussés et affamés projettent d'aller s'installer en Saintonge, une terre plus sûre et plus riche. Pour se rendre du pays Helvète en Saintonge, les migrants ont deux solutions : ou passer par la Provincia, [Territoire délimité par les Alpes, le Rhône et les Pyrénées orientales occupé solidement par les armées romaines] ou alors traverser Séquanie et Eduie.
Le jeu compliqué des alliances éduennes menées alors par le druide Diviciac qui vient d'écarter momentanément Dumnorix, penche alors contre les Suèves et les Helvètes. Au nom de l'alliance passée avec Rome en 59, il fait surgir les aigles romaines et les légions de César.
César barre la route des Helvètes une première fois à Genève et les rejette plus au nord où ils tentent la difficile traversée des territoires Séquanes et Éduens. Il se lance alors à leur poursuite et les écrase en vue de Bibracte puis renvoie les survivants Helvètes sur leur terre d’origine.
 
Le regard de César se porte désormais vers les Germains. Il s'installe d'abord à Besançon à l’automne 58 av.J.-C. pour permettre à ses légionnaires de reprendre des forces avant d’aller mater les colosses blonds. La rencontre des Romains avec les géants d'Arioviste eut lieu près de Cernay. La mêlée fut terrible. Les centurions disciplinés eurent raison de la furia des Germains qui furent repousser au-delà du Rhin. Le péril venu de l’Est, pour le moment écarté, César installe à nouveau les légions romaines en Séquanie pour passer la saison hivernale.
Sont-ce ses deux victoires qui ont aiguisé l’appétit de César et ouvert des perspectives de conquêtes qu'il n'avait pas envisagé auparavant, ou les entreprises à venir avaient-elles été préméditées, préparées et mûrement pensées ?
Toujours est-il que le libérateur devient à son tour conquérant.

"Veni vidi Vici"
a dit César
Le libérateur devient
à son tour conquérant
le taureau d'Avrigneyles différents peuples gaulois en Gaule
Le taureau à trois cornes
Mythologie celtique - Taureau découvert en 1756 à Avrigney
Musée archéologique de Besançon
Les différents peuples gaulois
 
 


 

 A  u cours des années 57, 56, 55, 54 av. j.-C. César poursuit ses campagnes contre les peuples qui "conspirent contre Rome" nous dit-il dans la "Guerre des Gaules". Cependant, la présence romaine commence à se faire pesante pour les fiers et fougeux Gaulois et César doit mater, dans le même temps, de 57 à 55 quelques brusques mouvements de révoltes fomentés par les Éduens. Échecs qui coûteront à Dumnorix le sort réservé aux vaincus, mais qui vont finir par réveiller un sentiment gaulois, créateur d'une union nationale qui se fera autour du chef arverne Vercingétorix contre le romain .
Mais les Éduens hésitent encore. Faut-il opter pour la Gaule ou pour César ? L'échec de César devant Gergovie (en juin 52 av. J.-C.) lève les dernières hésitations éduennes. Bibracte se déclare finalement contre César et confirme Vercingétorix, comme commandant suprême des armées gauloises. César voulant alors retraiter ses soldats, les conduit des frontières sénones aux bases romaines installées plus au sud. Leur chemin passait par Alésia !
Là haut sur l'oppidum des Mandubiens, Vercingétorix est prêt. Son plan de bataille basé sur la prudence, il se porte alors à la rencontre de la colonne de l'armée romaine. Le contact a lieu, fin juillet 52, sur le sol Lingons, peut-être vers Asnières-les-Dijon peut-être vers Til-Chatel ? À la vue de ces chariots dont la file s'étire lentement et lourdement sur le chemin, les fougeux Gaulois, tout à la pensée du butin, de la victoire facile et des trophées qu'ils pourront fièrement exhiber en oublient toute la fine stratégie de prudence savamment mise au point. La furia gauloise dévale en désordre vers la colonne de César. La surprise est mauvaise et elle est de taille : les manipules sont déjà formés. Emportés par leur élan, les fiers cavaliers gaulois s'embrochent sur les longues pointes de fer des pilum romains.
L'occasion gauloise est bien manquée ! L'échec est total. Vercingétorix se retire à Alésia, l'inexpugnable oppidum des Mandubiens.
La disposition du terrain rendant l'attaque frontale de l'oppidum impossible, César décide d'en réaliser immédiatement le blocus. Vercingétorix et son armée sont pris dans l'étau mis en place par le stratège et chaque jour renforcé. L'arrivée d'armées de secours, créées à la hâte, composées d'une coalition des peuples gaulois dont 12 000 hommes fournis par les Séquanes — à laquelle, les Lingons, toujours fidèles à l'alliance avec Rome n'ont pas pris part —, ne parvient pas à libérer les assiégés. Une suite d'assauts désordonnés lancés de l'extérieur non coordonnés avec les tentatives de sortie, la famine qui s'installe, viennent finalement à bout de la résistance gauloise.

Après soixante jours de siège, le 20 septembre 52 av. J.-C, Vercingétorix se rend à César.


 

Édition 2014