L  es Barbares qui sans cesse revenaient, disloquaient l’Empire romain et le conduisaient sûrement à sa ruine. Mais cet Empire avait nourri en son sein une force spirituelle qui allait se révéler la plus forte et qui allait assurer le salut de ses valeurs et de sa culture.

C’est au sein même de la société romaine, que d’abord rejetée, puis durement combattue, mais finalement acceptée et adoptée, s’est développée cette force spirituelle, qui allait s’élever devant l’envahisseur et devant laquelle le Barbare allait devoir finalement s'incliner.
Irrégulièrement mais sûrement, la foi chrétienne se répand d’Orient en Occident où elle imprègne progressivement mais fortement tous les esprits.
En 313, l’Édit de Milan (Sous Constantin (306-337) et Licinius) en fait une religion tolérée. Cet Édit de Milan assure une reconnaissance officielle de l'Église chrétienne.

 


Les chrétiens persécutés
Fragment d'une mosaïque
(Musée de Nîmes)
L'Empire avait nourri en son sein une force spirituelle qui allait assurer le salut de ses valeurs et de sa culture


 

 A  près des années de précarité et de persécution qui virent en Bourgogne, Saint Marcel à Chalon, Saint Valérien à Tournus, Saint Symphorien, Saint Bénigne, Saint Andoche, Saint Thryse à Saulieu, Sainte Reine à Alésia, ... tous martyrisés, l'Édit de Milan signe pour le christianisme les débuts d'une prodigieuse ascension, même si, dans les campagnes, sa progression connut la farouche résistance de l'âme paysanne plus portée à vénérer ses divinités. (Par exemple le culte de Mithra aux Bolards, près de Nuits Saint Georges)

C’est alors l’époque des premiers évêques. Des vrais figures de chef ces évêques. C’est aussi le christianisme faisant sienne les divisions territoriales de l’empire : les diocèses correspondent aux cités. Chaque cité romaine eut un représentant de la société chrétienne, évêque ou métropolitain. Évêques qui finiront par devenir les chefs véritables, reconnus et respectés des Gallo-Romains.
Se substituant au Romain de plus en plus défaillant, ils seront les organisateurs de la défense des cités et assureront la protection de la culture gréco-latine.
Force neuve, force spirituelle, le christianisme allait être le sauveur d’un peu du monde romain : un peu de la langue, un peu de la civilisation et assurer la continuité de l’unité gauloise.
Ce christianisme qui, rapidement, en devenant une force sur laquelle les Puissants devront apprendre à compter, allait peser fortement sur les destinées du monde occidental. Sa force, quoique spirituelle, et son bras armé de la redoutable peine d'excommunication, lui permettra de faire et de défaire des couronnes.
Nous savons ce qu'un Clovis, (contrairement à son contemporain burgonde Gondebaud qui ne s'est pas converti au catholicisme), ou un Charlemagne doit à l'Église. Après eux c'est toute la lignée des Capétiens qui attendaient d'être oints du Saint Chrème, extrait de la Sainte Ampoule léguée par Saint Rémi et Clovis, afin de trouver devant les puissants et devant le peuple leur pleine légitimité.
Avec ces souverains, installés ou confortés par l'Église c'est toute une culture, une pensée, qui va se développer, se perpétuer et constituer un des traits de caractère du monde occidental.


 

Édition 2014