E n 534, après la défaite d'Autun, le royaume du Burgonde
Gondemar passe sous le septre mérovingien.
Même si son territoire se contracte sur l'axe médian
de la Saône, la force de la loi Gombette, toujours appliquée, assure la cohésion du peuple Burgonde
au gré de partages successifs obscurs et compliqués.
L'après Gondebaud commence par un dépeçage du royaume Burgonde entre trois princes francs :
- Childebert 1er et Clotaire 1er, fils de Clovis et
- Théodebert 1er, leur neveu, fils de Thierry 1er.
Le tableau généalogique de la généalogie des rois mérovingiens, consultable en cliquant sur ce lien apporte les précisions utiles pour la compréhension.
Théodebert 1er recevait avec les diocèses de Langres, Chalon, Besançon, Genève et
Viviers, la meilleure part. Ces territoires furent ensuite reçus en héritage par son fils
Théodebald en 548 qui mourut sans postérité.
Clotaire 1er en profita pour mettre la main sur sa succession et il s’adjugea aussi la part de Childebert 1er
sans même attendre sa mort.
À la mort de Clotaire 1er en 561, la Bourgogne devint (de 561 à 592), l’une des possessions de Gontran,
(525-593), l’un des cinq fils de Clotaire 1er.
Arrêtons nous un instant sur ce roi mérovingien qui a laissé sa marque en
Bourgogne où il a conservé un souvenir de grand roi malgré sa cruauté.
Ce bon Saint Gontran, que l'on dit paisible, et que l'Église canonisera quelques décennies
après son trépas n'en est pas moins le cruel assassin de ses beaux-frères. (Mœurs du temps ?)
Le chroniqueur de l'époque, le pseudo-Frédégaire(1), nous le montre comme un roi plein de bonté,
gouvernant avec bonheur et sagesse le royaume de Bourgogne, faisant des aumônes aux pauvres.
Le bon roi Gontran se montre aussi protecteur de l'Église, "plein d'amour de Dieu"
nous dit le
chroniqueur. Il fait de Chalon-sur-Saône sa résidence préférée et sa capitale et c'est tout à côté, à
Saint-Marcel-les-Chalon, qu'il fait édifier la basilique et qu'il fonde un monastère.
Cette basilique abritera
son mausolée ainsi que ceux des
évêques Agricol, saint Agricol (lat. Agricolus) mort en 580 et de son prédecesseur, saint Sylvestre, mort en 532.
Le Roi Gontran meurt le 28 mars de l'an 593.
Qu'est-il advenu de cette basilique ?
Documents :
On trouve des renseignements
concernant cette basilique dans l'ouvrage de Christian Sapin "La Bourgogne Préromane" Edition Picard
- 1986 - p. 147. C. Sapin écrit ceci :
Études sur place :
D'après nos recherches, aucune fouille ou sondage n'a jamais
cherché à retrouver les restes de cet édifice. Sur place l'examen de l'église reconstruite à la fin du XIIe et au XIIIe siècle
ne révèle aucune trace importante en dehors de reprises visibles dans le mur gouttereau sud, attribuables à des campagnes
de reconstruction des Xe et XIe siècles, d'après le type de pierres et l'emploi de l'appareil en opus spicatum.
C'est également à cette période que l'on peut attribuer une partie de la construction du clocher-porche. Le plan présente
quelques irrégularités mais rien n'indique aux abords du chevet plat actuel des contraintes dues à des substructions antérieures.
Page 274, en renvoi, il ajoute cette précision : Une tradition locale à Saint-Marcel considère que sous
le Chœur où
" cela sonne creux, il existe quelque chose". Ces propos recueillis en 1978 peuvent correspondre à un ancien caveau
sans rapport avec une structure d'origine.
Autre document : (cliquez sur le lien)
Le document ci-dessous relatant la vie de saint Gontran nous donne une explication.
- Vie de Saint Agricol, évêque de Chalon sur Saône inhumé comme saint Gontran dans l'église de Saint Marcel les Chalon, par "Les Petits Bollandistes"
- Vie de Saint Gontran, roi de Bourgogne, inhumé comme saint Agricol dans l'église de Saint Marcel les Chalon, par "Les Petits Bollandistes"

P endant le règne de Gontrand se sont déroulés des conflits qui ont déchirés la dynastie mérovingienne et qu'il
a surtout cherché à limiter.
(Conflits entre ses terribles neveux, Chilpéric et Sigebert, et leurs non moins terribles femmes,
Frédégonde et Brunehaut).
Il transmit la Bourgogne à l’un de ses neveu, Childebert II, (592-596), fils de Sigebert Ier
qui revint ensuite, à Thierry II, fils de Childebert II (de 596 à 613).
C'est l'époque où la régence du pouvoir est assurée par Brunehaut.
Après l'épisode du supplice sanglant de la vieille douairière Brunehaut à Renève(2),
Clotaire II réunit la Bourgogne à ses États.
En 628, son fils, Dagobert 1er lui succèda et tint la Burgondie jusqu'à sa mort en 638.
Puis de 638 à 752, c'est une longue liste de rois, nommés avec raison "rois
fainéants". On y trouve, dans l'ordre : Clovis II, Clotaire III, Thierry III,
Clovis III, Childebert III, Dagobert III, Chilpéric II Thierry IV et Childéric III.
Avec eux, le pouvoir le pouvoir royal s'effrite chaque jour un peu plus. L'un comme l'autre n'assure plus qu'un
pouvoir nominal.
Ceux qui comptent, ceux qui possèdent le pouvoir, les vrais maîtres de la Bourgogne, ce sont les
grands, à commencer par les maire du palais, issus de l'aristocratie dont ils vont servir les intérêts,
aux ducs et aux comtes, représentants du roi dans une division territoriale.
Le comte tente de conserver son autorité de plus en plus disputée par les propriétaires,
par l'aristicratie laïque et ecclésiastique sur un "pagus"(3).
Citons le pagus "Amous", dans lequel se trouvaient le territoire d'Auxonne, mais aussi Gray,
Pesmes, Marnay, Pontailler, Saint-Jean-de-Losne, Dole, Neublans et la forêt de Chaux.
Côté rive droite de la Saône citons également, l'"Attuyer" (ou Atuyer) pagus
qui couvre le domaine de la Vingeanne ainsi que l'Oscheret qui fait face, côté rive droite de la Saône, au territoire d'Auxonne.
Vous pouvez cliquer sur ce lien pour faire apparaître la carte des "pagi" bourguignons (au neuvième siècle).
Les rivalités entre grands vont être la cause de luttes, parfois sans merci, qu'ils se livrent.
Certaines sont restées célèbres. Comme celle qui opposa Saint-Léger(4), évêque
d'Autun, riche ecclésiastique, et Ébroïn, maire du palais de Clotaire III,
lequel fait mutiler, puis assassiner Saint Léger (en 677).
Sous le règne mérovingien, la Burgondie, dans une relative tranquillité connut de brutales
incursions. D'abord les Lombards (VIe siècle), puis au VIIIème siècle les redoutables sarrasins qui
saccagèrent les villes de Chalon (731), et d'Autun, avant d'atteindre Sens et Langres, et qui détruisirent ensuite,
entre autres, les abbayes de Bèze et de Saint-Seine(5).
Les querelles intestines et les assauts de l'extérieur continuent d'affaiblir le pouvoir mérovingien.
Ce sont les Héristal qui se mettent à l'œuvre pour refouler les envahisseurs. La victoire de Charles
Martel, fils de Pépin d'Héristal, à Poitiers en 732, contre les Sarrasins, et son
retentissement, lui donnera les moyens de faire reconnaître son indiscutable autorité
parmi les grands qui se partagent le pouvoir(5).
Par son énergie et sa politique, il aura réussi à jeter les bases de la dynastie carolingienne
et préparé la substitution des Héristal aux mérovingiens.
RENVOI :
(1)- Frédégaire, ou pseudo-Frédégaire : Le Larousse dit ceci : "Chronique de
Frédégaire, chronique anonyme. Elle continue l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours.
Elle expose les événements allant de 584 à 768. C'est un texte capital pour l'époque
mérovingienne. Ecrite sans doute au VIIIème siècle, elle fut attribuée à partir du XVIème
siècle, à un certain Frégédaire".
(2)- Situé en Bourgogne, canton de Mirebeau, voir page : "Brunehaut, le venin de la colère"
(3)- Pagus : subdivision de la cité - s'identifiera plus tard au comté
(4)- La "VIE DE SAINT - LEGER", attribuée à un moine de Saint-Symphorien d'Autun,
-Traduction Guizot. Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, tome II, p. 343 - 351.
Voir page : "Le bon et la brute ou Léger contre Ebroïn".
(5)- Voir page : Charles Martel - À la force du glaive. (Lien ci-contre : Mise au pas).
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(*)- Saint Gontran et Childebert II
Cote : Français 73 , Fol. 50
http://gallica.bnf.fr/
Cote : BNF Richelieu Manuscrits Français 73
Grandes Chroniques de France, France, Paris, XIVe-XVe siècles
Droits : libre de droit
Édition 2014