M  algré quelques soubresauts et velléités d’indépendance apparues chez les Éduens, menées par un Sacrovir en 21, un Vindex en 68, en 70 cette fois par le Lingon Sabinus et rapidement maîtrisés, les arts de la paix vont faire oublier un instant les arts de la guerre. La grande prospérité qui s’installe dans le pays aux IIème et IIIème siècle apporte ses bienfaits.
Le pays déjà fourni en voies de communication voit les échanges se multiplier. Les Romains lancent de nouvelles voies qui allaient leurs permettre de répandre facilement en tous sens leur autorité. Des villes naissent ou grandissent dans le quadrillage de ces voies antiques. Les voies d'eau qui portent pirogues, barques, radeaux, parfois à voile sont aussi de puissants facteurs de pénétration. La Saône offre ses eaux paisibles à l'acheminement vers le nord de légions entières et de leur approvisionnement. Le long de ces voies, un peuplement important et durable paraît s'être fixé.
Lentement les peuples gaulois s’imprègnent de la culture gréco-latine. Esprit, mœurs, idées, langue, religion, architecture, tout se romanise.
En Bourgogne Autun devient un brillant foyer de romanisation au détriment de Bibracte. Besançon se développe et se couvre de monuments et d’édifice romains.
À ce moment, le pays tout entier, romanisé, respire, travaille et prospère dans la paix.

Les arts de la paix vont faire oublier un instant les arts de la guerre
Les arênes de Nîmes  Mosaique de Penthée

Nîmes
Les arênes
 

  

Mosaïque de Penthée et Agavé (Détail)
Nîmes - Musée archéologique



 

 L a pax romana dura un peu plus de deux siècles.
Voisine des turbulents et dangereux germains, la Séquanie, terre d'avant garde, a la lourde charge d’assurer sur son flanc est, la protection du territoire gaulois. Tâche qui devient de plus en plus difficile à assumer à mesure que les peuples de l’est, innombrables et féroces se mettent à la recherche de razzias, de butin, de conquêtes, de terres meilleures et deviennent de plus en plus pressants, de plus en plus dangereux.
La première marée germaine déferle sur la Séquanie dès 174. Le malheur commence à s’installer en Gaule. Pendant deux siècles ce sont les Cattes, les Vandales, les Alamans, les Goths, tous Barbares, qui se déversent en Gaule et qu'affrontent tour à tour des Marc Aurèle, (en 174) des Caracalla, (en 213) des Septime Sévère (234) ou pour finir Julien (356), pour tenter de les contenir. La fière capitale des Séquanes est réduite en cendres en 355. En 356, La ville d’Autun ne devra son salut qu’à l’intervention de Julien.
Le pays est ravagé, pillé, exangue. Les villes se dépeuplent autant par l’épée que par la famine. Sur ces coups de boutoir répétés, le pouvoir civil s’effondre, et avec lui le ciment de l’unité gauloise se désagrège lentement.
Le salut viendra d’une force neuve, spirituelle qui prendra la relève du pouvoir défaillant et tentera de protéger le peuple et résistera aux envahisseurs.


 

Édition 2014